Après un premier article rédigé au sujet d’Angeline sur la plateforme du Type, un webzine culturel bordelais dans lequel je contribue, j’ai décidé de me prêter à l’exercice une seconde fois ici. À l’heure actuellement, je me sens toujours plus libre sur le blog. Bref, voilà  un exercice que j’ai aimé faire : trouver d’autres angles et présenter le sujet différemment.

« J’ai appris toute seule la photo, à force d’user des pellicules et beaucoup d’argent» Voilà ce que révèle Angéline Moizard, cette autodidacte ne jure que par la photographie argentique. Son nom ne vous est pas encore familier et pourtant vous avez sans doute déjà aperçu son travail. Révélée par ses diverses collaborations avec des bloggueuses telles que Typhaine (cuillère à absinthe), Louise (Miss Pandora), Victoria (V-ntage) et dernièrement avec Garance Rochoux Moreau, la cover girl du dernier magazine Paulette, Angéline ne cesse d’évoluer et de prendre de l’ampleur.
Accompagnée de son Olympus MJU 2 et de son fidèle Nikon F3, c’est dans la rue qu’elle trouve toute son inspiration. Des photographies urbaines, voilà le terme exact s’il fallait nommer son travail. On retrouve également dans sa galerie des portraits : des regards profonds, des visages expressifs, l’instant éphémère à présent figure à jamais.
C’est au cours d’une discussion que j’ai pu apprendre énormément sur elle. Angeline très généreuse, a pris le temps de se dévoiler, sans aucune pudeur. Elle nous emmène dans son monde et nous explique son mode de fonctionnement, elle se livre. Rencontre.
 

La photographie argentique.


Si actuellement, la plupart des photographes exercent au numérique, Angéline a fait le choix de l’argentique. A 19 ans, son père lui offre son premier appareil acheté dans une brocante et depuis c’est parti. Ce choix implique forcément un manière différente de travailler.
« Je réfléchis beaucoup ! C’est ce que j’aime justement, cette contrainte, ça pousse à être sûre de soi, à mieux penser ses cadrages, tu dis « bouge pas / garde les yeux ouverts » avant chaque prise. Tu es limitée, tu n’as que 36 poses, donc chacune d’elle doit être pensée et sûre. Sur le shoot avec Camille ( les 4 photos ci dessous ) il y’a eu plus de travail que d’habitude. On avait un vrai stylisme, un MUA / coiffeur qui est un ami, une marque de maroquinerie et du prêt à porter.  On a bossé ce shoot en amont pendant 3 semaines».
 
Et quand on lui demande si elle retouche ses photos, sa réponse ne se fait pas attendre. « Non, je ne retouche pas mes photos, j’ai choisi l’argentique pour cette authenticité justement. C’est là  que l’exercice est intéressant : trouver les imperfections du modèle et lui trouver de la beauté ».
 

L’organisation d’une séance.

On a toujours tendance à vouloir savoir comment les modèles sont choisies. Des amies, des collaborations, des filles plus belles les unes que les autres. A ce niveau là , c’est plutôt au feeling qu’ Angéline fonctionne.  
« En fait j’aime les filles qui ont de la gueule, celles qui dégagent quelque chose de fort. Je n’ai pas nécessairement besoin qu’elles soient jolies donc je ne recherche pas spécialement un style de fille en particulier. Je veux juste qu’elles m’évoquent quelque chose, qu’elles aient du chien ! Si j’entrevois déjà  le shoot dans ma tête souvent c’est bingo ».
 
Mais alors comment fait elle pour collaborer avec des marques ? À son compteur actuellement on retrouve Kulte et le Slip Francais. La réponse est toute simple : du cran. Il suffit d’en avoir. Ça tombe bien, elle n’en manque pas. 
« Il y a une marque parisienne qui va me prêter de belles pièces, ils ne me connaissaient ni d’Eve ni d’Adam, je suis personne. Mais un jour, début janvier je suis entrée dans leur showroom. Je shootais dans la rue avec une modèle, et puis je suis entrée pour demander s’ils prêtaient des vêtements pour des shoots ». 

Une anecdote pour finir.

« J’ai le sentiment que les plus belles photos sont souvent celles que tu penses être ratées. Celle ci ( photo ci dessous ) , je l’ai prise un matin en Angleterre. Je me suis réveillée, j’ai regardé par la fenêtre, il y avait super belle lumière, j’ai dessiné un vieux trait, et après j’ai écrit  » hello » et j’me dis  » Tiens, j’vais tenter une photo, même si ça va rien rendre j’aurais essayé. » Je n’avais rien pour tenir les rideaux, j’en tenais un avec mon coude, l’autre avec mon pied, je tenais avec les abdos (rires), je pensais avoir bougé, que la photo serait floue, pas assez lumineuse… une photo perdue. Puis au développement, gros choc. Maintenant je me dis  » même si tu penses que ça rendra rien, fais quand même  » ».


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